Située à l’ouest du Cambodge, nous avons failli passé à côté de la ville de Battambang qui nous a finalement donné l’un des meilleurs moments de notre voyage au Cambodge.

Notre première impression de Battambang

Après avoir quitté Siem Ream, ses temples et son industrie du tourisme, nous arrivons à Battambang. La ville est dépourvue de charme, très polluée et sale. Avec peu d’infrastructures touristiques, elle est dans un état « brut », où se côtoient plastiques, ordures, SDF et tuk-tuk. Il y a bien quelques attractions touristiques à voir, mais nous nous demandons tout de même pourquoi nous être arrêtés à Battambang. Et pour bien nous mettre en conditions, la guesthouse réservée en campagne et au calme nous informe qu’elle n’a pas de chambre pour nous, et nous nous retrouvons dans un hôtel assez glauque en pleine ville…

C’est tout de même l’occasion de parcourir le centre. La visite se fait rapidement. Elle est traversée par une rivière dont les abords sont malheureusement jonchés de détritus. Quel gâchis ! Elle pourrait être si belle…

Que faire à Battambang ?

Pour être honnêtes, nous n’en avons fait aucune car aucune ne nous branchait vraiment. C’est fou à dire mais on devient de plus en plus difficile au fil des voyages… et ce que je voulais surtout voir, c’était la campagne cambodgienne. Cependant, pour ne pas vous laisser chercher, les principales visites populaires sont :

  • les Bat Caves qui comme le nom l’indique regroupent une quantité impressionnante de chauves-souris. Ces dernières prennent leur envol tous les jours vers 18h créant un nuage noir de volatiles au cri strident… (et non, cela n’a rien à voir avec Batman, qui n’a pas ses quartiers à Battambang)
  • les killing caves de Phnom Sampeau situés à 11km au sud de Battambang et témoins de l’effroyable histoire du génocide Cambodgien;
  • les temples et ruines aux alentours tels que Wat Ek Phnom et Wat Banan

Promenade dans la campagne de Battambang

Finalement, après quelques recherches, nous optons pour une balade en vélo dans la campagne cambodgienne, à la rencontre des habitants et à la découverte de quelques uns de leurs métiers leur permettant de vivre (ou plutôt survivre).

Une belle rencontre

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Sam, notre guide. Ce cambodgien de 22 ans parle un anglais remarquable. En même temps, il fait des études de lettres anglaises. Intelligent et ambitieux, il nous en apprend plus sur son pays, la religion au Cambodge, la politique… on peut dire qu’il connait bien son pays ! Il a su répondre à toutes nos questions et nous avons eu de bonnes discussions et rigolades entre deux visites de familles cambodgiennes.

vélo à battambang

Des activités variées…

L’activité qu’il propose consiste à faire en vélo 6 à 8 stops dans la campagne environnante de Battambang, pour mieux connaitre le quotidien de ses habitants. Nous découvrons la confection de galettes de riz utilisés dans la réalisation des springs rolls (rouleaux de printemps, nems), la préparation de l’alcool de riz, des bananes séchées, des nouilles de riz, des bamboo stick rice… le moins que l’on puisse dire, c’est que les modes de production nous semblent très artisanaux, manuels, voire archaïques. Ils pourraient produire tellement plus avec un peu d’automatisation. Alors on observe. Chaque membre de famille met la main à la pâte, y compris les jeunes. En effet, le calcul est vite fait : entre le coût d’achat des matières et le prix de vente des produits finis en direct ou à des intermédiaires, il faut produire une sacrée masse de galettes ou de nouilles pour faire rentrer seulement quelques dollars. Nous avons l’occasion de goûter à chacune des productions et même d’essayer d’en produire nous-même (je dis bien essayer…).

… et authentiques

La visite se poursuit dans un authentique marché de poissons local où se mêlent odeurs fortes, mouches et découpes à même le sol, lui-même maculé de sang. Ici, rien ne se perd, tout se réutilise (si seulement c’était pareil avec le recyclage…). Des bouts de poissons entassés marinent dans des cuves à l’air libre entre 6 et 12 mois. D’où ma question naïve :

– « c’est encore consommable ? »

– « Bien sûr ! »

– « … »

Un projet humain

Et puis quelques heures plus tard, nous en apprenons plus sur Sam et sur son beau projet. Notez que son activité vélo (Free Cycling Tour) à travers la campagne est entièrement gratuite si vous disposez de vélos via votre hôtel (sinon c’est 5 USD). Il a lancé ce tour récemment et son but est avant tout de se faire connaitre, pour ensuite créer une classe d’anglais pour les adolescents de la campagne. Cette classe serait à terme jumelée avec son activité vélo et vivrait des donations des touristes à l’issue de l’activité. Est-ce viable ? je ne sais pas. Mais ce que j’ai vu, c’est que Sam a le sens du business, la volonté d’entreprendre et une vraie envie de faire quelque chose pour sa ville. C’est ainsi que 29 km plus tard et riches de nouvelles rencontres, cette activité nous a complètement fait changer d’avis sur Battambang. La ville se découvre par sa campagne environnante et a beaucoup à offrir : le vrai Cambodge d’aujourd’hui.

Notre impression finale

On dit que la première impression est souvent la bonne. Eh bien pas cette fois ! Ce que nous retenons finalement au-delà de la précarité et des conditions de vie : c’est la gentillesse, les sourires et les centaines de « Hello » lancés à notre encontre par des enfants accourant pour nous faire signe, des adolescents et mêmes des adultes ayant croisés notre regard. Car le Cambodge c’est comme ça : ce sont des rencontres humaines, même furtives. Le pays a un naturel chaleureux, qui va bien au-delà de l’intérêt économique que nous représentons, nous touristes.

Donc si vous êtes à Battambang ou que vous prévoyiez d’y aller, nous vous fermez pas à l’aspect non reluisant du centre-ville. Dîtes vous que la situation d’aujourd’hui est aussi liée à un passé douloureux et pas si lointain que ça. Le Cambodge doit se (re)construire. La route est longue mais j’espère qu’ils sauront conserver cette chaleur.

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