Après Ho Chi Minh Ville, nous partons en bus direction Mui Né. Les paysages tout au long du trajet sont prometteurs et changent radicalement de l’ambiance urbaine de la principale ville du sud. Au programme : dunes, plage et soleil.

Bienvenue au Vietnam… russe ?

Nous arrivons en fin de journée. N’ayant pas le temps de visiter quoi que ce soit, nous partons en quête d’un restaurant. Et là surprise, tous les menus sont en russe. En fait, rien de bien étonnant car en Asie, Plage + Soleil = Russes. Non mais vraiment, cela se confirmera à de nombreux endroits. Même les mets et certains patrons de restaurants sont russes. Autant le dire, les russes sont un peu les rois ici. Après une mauvaise expérience culinaire le premier soir, nous parviendrons tout de même à trouver une petite échoppe vietnamienne plus que correcte et qui deviendra notre « cantine » lors de notre séjour à Mui Né.

Visite des dunes de Mui Né : attention à la police !

Nous partons le lendemain visiter les fameuses dunes blanches se trouvant à 30 km de Mui Né. Nous louons un scooter automatique pour 140 000 VND la journée directement via notre hôtel. Nous sommes logés dans un hôtel récent et le propriétaire parle très bien anglais. Tant mieux, car il nous sera d’une grande aide de par ses conseils avisés. Avec lui, nous avons pu discuter de son pays et de son évolution. De son regard sur la France (après la période des attentats) par rapport au Vietnam. De la surveillance omniprésente et… de la corruption. Il nous prévient : il est possible que nous soyons arrêtés par la police lors du trajet vers les dunes. Ah bon, pourquoi ? Parce que nous sommes des touristes avec plein d’argent et la police est corrompue… Cela donne le ton.

Il nous conseille de n’emporter avec nous qu’une tout petite somme au cas où… Nous suivons ses conseils et plaçons dans notre portefeuille 100 000 VND (soit environ 5 €) et de la petite monnaie pour que ce ne soit pas suspicieux. Nous cachons quelques billets supplémentaires à un autre endroit dans notre sac à dos. Et nous partons. Nous portons des casques, nous avons notre permis de conduire international en plus du permis français. Tout semble en règle, on verra bien.

Départ vers les dunes

La route vers les dunes blanches est jolie. Nous passons par un village de pêcheurs et longeons la côte. Des dunes de sable rouge agrémentent l’arrière-plan. Les kilomètres passent et toujours rien. Nous sommes confiants, nous n’avons jamais rencontré ce genre de problème lors de nos aventures précédentes autour du monde et avons déjà roulé de nombreuses fois en scooter.

Après une dizaine de kilomètres, nous arrivons sur la route Tinh lo 706. Nous apercevons au loin des scooters stoppés sur le côté de la route. Il y a maintenant un risque de nous retrouver arrêtés. En y regardant un peu mieux, il semble y avoir quelques policiers. Nous avançons avec cet espoir de passer à travers les mailles du filet, que notre tête bienveillante nous fasse passer. Bizarrement (ou pas), seuls des touristes sont sur le bas-côté de la route. On nous fait un signe de nous arrêter. Ce n’est pas grave, on va lui montrer notre permis et on va repartir aussitôt.

Passez par la case police

Comme anticipé, l’agent nous demande notre permis. Nous lui tendons. Il inspecte les tampons et nous demande dans un anglais très approximatif de quel pays nous venons. Je me souviens de sa phrase : « il vous manque ce tampon mais la police peut vous aider ». Hum… Il nous tend alors un papier en français avec l’amende à payer pour ce tampon manquant. En gros, c’est 700 000 VND ou le scooter est saisi pendant une semaine avec une amende passant à 1 000 000 VND.

Comme on nous l’avait conseillé, nous sortons notre portefeuille avec un faux air embêté et lui montrons que n’avons que 100 000 VND (souvenez-vous du conseil de l’hôtel expliqué plus haut). On discute pendant de nombreuses minutes et lui faisons comprendre qu’il faudra qu’il saisisse le scooter car nous n’avons pas plus. L’amende descend exceptionnellement à 500 000 VND. C’est bien parce que la police peut nous aider. Mais c’est toujours trop, il est hors de question de payer ça. Nous continuons notre stratégie des 100 000 VND. La discussion semble bloquée et à vrai dire je n’ai pas envie de parlementer des heures. J’ai une technique qui m’a déjà sauvée la mise en France (uniquement pour les filles), donc je la tente… je vais essayer de pleurer !

J’arrive finalement à avoir quelques larmes. Je vois que l’agent le remarque. Sentant un malaise de sa part, je lâche quelques sanglots. Là, il est carrément embêté. Il sert la main de Fabien, me dit que tout va bien, prend les 100 000 VND et nous laisse finalement continuer notre route. Bon j’avoue que la technique n’est pas très glorifiante mais elle fonctionne aussi au Vietnam. Après autant de voyages, il fallait bien que ça arrive un jour. J’ai donc envie de dire que toute technique est bonne à tester. Pour avoir échangé avec d’autres voyageurs, le conseil est de ne pas lâcher et de rester humble et calme. Au bout d’un certain temps, ils finissant à priori par vous laisser partir. A priori…

Prudence donc en scooter au Vietnam

Sachez qu’il est possible de louer des scooters partout au Vietnam jusque 50 cm3. Par contre, pour conduire un scooter jusque 125 cm3 , il faut le tampon adéquat.

En fait, nous étions réellement dans l’illégalité (ce que nous ne savions pas). Mais comme l’amende est variable et qu’ils vous laissent repartir si vous payez, c’est surtout de la corruption. Il faut voir le nombre de vietnamiens sans casque non contrôlés…

Dans tous les cas, soyez conscient que : Vous pouvez facilement louer un scooter au Vietnam (comme presque partout en Asie), mais cela ne veut pas dire que c’est légal. C’est à vos risques et périls car vous n’êtes pas assurés et vous aurez toujours tort en cas de pépin. La conduite au Vietnam est plutôt anarchique et la police trouvera toujours quelque chose à dire pour vous soutirez de l’argent si vous êtes malchanceux. Si vous souhaitez malgré tout louer un scooter pour vous promenez à la journée, renseignez-vous d’abord auprès de votre hôtel sur les risques de corruption/zèle, jaugez l’état des routes et la densité de la circulation avant de vous lancer. Dans tous les cas, munissez-vous de vos permis national, international et faites y spécifier si vous pouvez conduire les scooters jusqu’à 125 cm3.

Et la visite des dunes dans tout ça ?

Avec tout ça, on en viendrait presque à oublier ce pourquoi nous sommes venus à Mui Né. Les dunes… Autant le dire, nous sommes un peu agacés par la pratique. Les dunes blanches sont en soi intéressantes (en dehors du bruit incessant des quads sur les dunes) mais en regardant les avis sur tripadvisor, c’est surtout l’arnaque que les gens retiennent. J’y consacre même un article dédié. C’est dommage car cette corruption nuit au tourisme de cette ville.

En tout état de cause, les dunes blanches donnent une facette différente du pays pour seulement 10 000 VND l’entrée par personne. Sans être exceptionnelles, c’est assez étonnant de trouver une telle étendue de sable au milieu de nulle part. Si vous souhaitez faire du quad, l’activité vous coûtera un peu plus cher. Sur la route du retour, nous passons par les dunes rouges pour admirer le coucher du soleil. Là aussi, sans être exceptionnel, le rouge des dunes se fond à merveille avec le ciel. Je vous laisse juger en photos.

Le scooter au Vietnam, on y réfléchira à deux fois !

Etre en proie à la corruption, on en rigole après. Mais sur le moment, c’est chiant. On décide de continuer notre visite de Mui Né mais de limiter la location de scooter au Vietnam.

Promenade sur le fairy stream

Notre aventure se poursuit donc sans scooter le long du fairy stream (Suoi Tien) de Mui Né. Après avoir fait abstraction de l’odeur d’égout à l’entrée du fairy stream et après avoir hésité quelques minutes à tremper nos pieds nus dans cette eau odorante, nous entamons finalement une petite balade de deux heures bien rafraîchissante le long d’un ruisseau. L’eau est rougie par le sable, le chemin est entouré de part et d’autre de verdure, de roches et de dunes de sable.

Promenade sur les plages

Mui Né étant une ville côtière, une promenade à la plage s’impose. Nous pensions nous y baigner mais les forts vents ont plutôt fait la joie des kite-surfeurs. Par ailleurs, certaines des plages étant de véritables dépotoirs, nous ne nous y attarderons pas.

Bref, nous nous souviendrons de Mui Né… Ce petit goût de corruption fait à présent une bonne anecdote à raconter. Ce que je trouve dommage, c’est qu’outre le fait d’embêter les touristes, elle nuit surtout à la ville de Mui Né. Les touristes sont moins enclins à y séjourner et à y louer des scooters. Malgré tout, nous nous en sommes bien sortis car un autre touriste traversant le Vietnam en moto avait payé quelques jours plus tôt 3 000 000 VND (environ 125 €).

Et vous qu’auriez-vous fait face à ce policier ?

plage Mui Né